09.11.2009

Les petits Robespierre

Il s'appelait Brutus ou Scoevola ; membre influent de la société populaire, administrateur du district, juge au tribunal révolutionnaire, il était un petit Robespierre dans ce coin perdu, loin des routes. Qui eût pu le gêner ? La France était telle qu'on la voit dans une étrange et saisissante gravure populaire : secouée comme par un cataclysme terrestre, sillonnée d'éclairs avec des lueurs d'incendie à l'horizon, des villes qui s'écroulent, des soldats en marche par tous les chemins et partant pour la guerre, pour la guerre qui durera vingt-cinq ans...
Grand-père s'occupait diligemment de traquer les ci-devant ou les riches
« suspectés seulement d'être suspects » , ainsi qu'on disait alors.
Parfois, à la demande de ce patriote zélé, la guillotine se transportait, et sur la belle avenue qui est là ou sur la petite place ombragée sur laquelle le seigneur, deux ans avant, faisait danser le soir aux musettes, on guillotinait le vieux chevalier de Saint-Louis, et sa compagne en cheveux blancs, et la fillette à peine femme que les paysans aimaient tant jadis. Puis on mettait aux encans le château, les forêts, les fermes, on vendait tout pour une poignée d'assignats, pour le prix de quelques arbres, et dans le pays terrorisé, nul vous le pensez bien, n'eût osé surenchérir contre grand-père...

 

 

Edouard Drumont, La Fin d'un monde

03.11.2009

Le signe de la Bête

Caméras de surveillance, fichiers, espionnage des ordinateurs et moyens de communication, l'oeil de Big Brother était déjà grand ouvert, nous le savions ; et maintenant " passe navigo " de dernière génération et puce électronique sous la peau pour faciliter vos achats et toutes vos actions du quotidien. Plus rien ne devra lui échapper. Voilà qui pourrait nous rappeler certaines paroles :


« Par ses manoeuvres, tous, petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur la main droite ou sur le front, et nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom. » Jean, Ap 13-16

 

 

Mérovée de Thil

24.09.2009

A choisir...

Avant :

 

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Louis XVI, Noël 1792, à propos des traîtres avant son exécution :

« Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude ; mais je leur pardonne (souvent dans les moments trouble, et d’effervescence, on n’est pas maître de soi), et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion de ne songer qu’a leur malheur. »

Après :
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Nicolas Sarkozy, 2006 dans  La Tragédie du président de Franz Olivier Giesbert à propos des « coupables » de l’affaire Clearstream.

« Un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher. »

Robert-Louis Fratriac

15.05.2009

Le passé qui ne passe pas (1)

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A l'occasion du 120e anniversaire de la tour de fer du Dijonnais Eiffel ...


« La tour Eiffel, témoignage d'imbécillité, de mauvais goût et de niaise arrogance, s'élève exprès pour proclamer cela jusqu'au ciel. C'est le monument-symbole de la France industrialisée ; il a pour mission d'être insolent et bête comme la vie moderne et d'écraser de sa hauteur stupide tout ce qui a été le Paris de nos pères, le Paris de nos souvenirs, les vieilles maisons et les églises, Notre-Dame et l'Arc de Triomphe, la prière et la gloire ... »


Edouard Drumont


La fin d'un monde (1889)

 

09.05.2009

Le règne de la Bourgeoisie

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Edouard Drumont (1844-1917)

 

Qui ne connaît la fable allemande ? Un loup et un renard on pris une poule et conviennent de ne la manger que le lendemain matin. Le loup s'endort, le renard mange la poule, barbouille le museau du loup des plumes et fait des ordures à côté de lui. Quand le loup s'éveille, le renard l'accable de reproches pour avoir mangé la poule.
- Comment ! c'est moi qui ai mangé la poule ?
- Oserais-tu le nier ? tu as encore de ses plumes à ton museau et tes ordures te dénoncent suffisamment.

La scène s'est passée à peu près de la même façon pour l'histoire de la Révolution.
La Bourgeoisie barbouilla le Peuple de la boue sanglante de la Terreur et lui affirma que c'était lui qui avait tout fait.
Ce n'était pas plus vrai que la légende de la terre donnée aux paysans par la Révolution. Les hommes, habillés en femmes de la Halle que Choderlos de Laclos, l'agent du duc d'Orléans, lança sur Versailles en octobre, les porteurs de piques, les sectionnaires, les Sans-Culottes actifs qui formaient l'armée terroriste ne furent jamais plus de 2 à 3 000 en France et ils se recrutèrent beaucoup plus dans les rangs des déclassés et des malfaiteurs que dans les rangs du Peuple.

 

Edouard Drumont

La fin d'un monde (1889)


14.04.2009

Dieu visite Noé version 2008

En 2008 après Jésus-Christ, Dieu visite Noé et lui dit : « une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que quelques bons humains. Dans six mois, j’envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits et je détruis tout ! »

 

         Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu’une ébauche de construction navale.

         « Mais Noé, tu n’as pratiquement rien fait ! Demain il commence à pleuvoir ! »

         « Pardonne-moi, Tout-Puissant, j’ai fait tout mon possible, mais les temps ont changé :

         J’ai essayé de bâtir l’arche, mais il faut un permis de construire et l’inspecteur me fait des ennuis au sujet de l’alarme anti-incendie.

         Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l’échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur vue. J’ai dû recourir à un conciliateur pour arriver à un accord.

         L’Urbanisme m’a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l’arche jusqu’à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu’à nous. Ils ont refusé de me croire.

         La coupe du bois de construction navale s’est heurtée aux multiples Associations pour la Protection de l’Environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par les Eaux et Forêts n’avait pas de valeur aux yeux du ministère de l’Environnement et que cela détruisait l’habitat de plusieurs espèces animales. J’ai pourtant expliqué qu’il s’agissait - au contraire - de préserver ces espèces, rien n’y a fait.

         J’avais à peine commencé à rassembler les couples d’animaux que la SPA et le WWF me sont tombés sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux puisque je les soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que je les enfermais dans des pièces trop exiguës.

         Ensuite, l’agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude de l’impact sur l’environnement de ce fameux déluge.

         Dans le même temps, je me débattais avec le ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles. Je les avais  embauché, car les Syndicats m’avaient interdit d’employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

         Enfin, le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m’assigner devant les tribunaux pour ‘tentative de franchissement de frontière en possession d’espèces protégées ou reconnues comme dangereuses’.

         Aussi, pardonne-moi Tout-Puissant, mais j’ai manqué de persévérance et j’ai abandonné ce projet ».

 

         Aussitôt les nuages se sont dissipés, un arc-en-ciel est apparu et le soleil a luit.

         « Mais Tu renonces à détruire le monde ? » demanda Noé.

         « Inutile, répondit Dieu, l’administration française s’en charge ».

 

Texte de source inconnue.

UD

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31.03.2009

Le Sucre, ce démon

Ou de la décadence gastronomique de notre société 

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           De nos jours, dans l’alimentation, le sucre fait loi. Et ce avant tout dans la civilisation occidentale actuelle : évoluée technologiquement, riche matériellement et pauvre spirituellement. Mais que peut bien signifier le sucre, dont il est comme vous l’avez compris question ici, dans une telle société ? Je m’attacherai à montrer que le sucre est de fait significatif pour notre époque, et qu’il permet de mettre en valeur certains aspects de notre monde occidental, aussi incongru cela puisse paraître. Donc, le sucre comme symbole, comme indice ? Voyons cela.

            Commençons par retracer l’historique de ce si célèbre produit alimentaire. Il faut pour cela remonter aux origines de sa production. La culture de la canne à sucre se pratique en Orient depuis des temps immémoriaux (6000 av. JC), mais ce n’est qu’au IVème siècle que les Indiens apprennent à cristalliser le sucre présent dans le végétal bien connu. Mais en Occident, dans la civilisation romaine, pas la moindre trace de sucre. Dans la lignée des romains, les peuples de l’Europe médiévale ne connaissent pas non plus le sucre, utilisant comme eux du miel pour leurs besoins sucrés. Il faudra attendre la fin du Moyen-âge, au XVème siècle, pour que certains pays européens commencent à importer du sucre par les nouvelles routes maritimes, mais c’est alors un plaisir réservé aux plus fortunés. Le XVIIème siècle connaît une grande popularisation du sucre de canne, qui est majoritairement importé des Caraïbes où sa production est facilitée par l’esclavage massif. Si le sucre vient avec l’esclavage, il vient aussi avec la modernité : avec par exemple l’invention de la machine à vapeur, la production se mécanise, et le marché croît. C’est enfin sous le règne de Napoléon qu’en raison du blocus anglais la culture "locale" de la betterave à sucre prend son essor. Ainsi vient l’avènement du sucre tel que nous le connaissons, c'est-à-dire blanc et raffiné (contenant plus de 99.8% de saccharose). Sa consommation s’intensifiera alors toujours plus, jusqu’à la seconde moitié du XXème siècle, qui voit l’apparition du sucre dans une industrie agro-alimentaire florissante, avec la naissance du supermarché et les produits bien d’aujourd’hui (sodas, fast-food, confiseries).sucrerie%202.jpg

            Mais il est encore plus étonnant de voir que ce phénomène suit en fait un système d’évolutions bien plus large : le sucre vient avec le "progrès" de la modernité, le sucre vient avec la décadence des mœurs et l’oubli du spirituel, il vient avec le libéralisme institutionnel, il vient avec l’individualisme, il vient enfin régner en maître dans la société de consommation. Je ne dis pour l’instant pas que l’un soit cause ou conséquence de l’autre, je ne fais qu’énoncer un schéma historique incontestable, une suite de "coïncidences" en somme.

            Mais poursuivons nos observations par le tableau plus précis d’une époque particulière. Au Moyen-âge (du Vème au XVème siècle), la majorité de la population européenne est catholique pratiquante, et est donc sujette à un dogme qui réprime les excès, notamment le péché de gourmandise. (Je parle du christianisme car c’est la civilisation occidentale qui m’intéresse ici, mais il est certain qu’aucune religion ne prêche l’hédonisme et l’excès de biens terrestres.) Les seuls sucres consommés sont donc ceux des fruits et du miel, en quantité raisonnable donc, les pâtisseries étant par exemple réservées aux grandes occasions. L’homme, très souvent paysan, a un contact plus fort avec la nature : il effectue des  travaux agricoles et mange le fruit de sa terre ; son corps est plus robuste, il est mieux endurci que celui d’un homme moderne. Des famines, bien que plus fréquentes vers la fin de l’époque médiévale, se déclenchent parfois quand les récoltes se font mauvaises, et s’ensuivent généralement bon nombre de victimes. Cependant elles ont permis à la civilisation européenne de réguler sa croissance démographique, l’adaptant aux ressources naturelles. Ces périodes de disette ont de plus l’intérêt (si du moins on peut leur en trouver un) de renforcer le lien social, et de développer la solidarité au sein de la communauté. La nourriture est vue comme un bien précieux, et est respectée : pas de gâchis. Enfin, le processus de mondialisation n’est pas même entamé : le Nouveau Monde n’est encore qu’une terra incognita, les voyages se font majoritairement à petite échelle, et rares sont les biens (soie, épices, ivoire) qui sont importés d’Orient ; le commerce est essentiellement local et se fait de ville en ville. Le peuple se nourrit donc de produits locaux, du fruit de ses propres récoltes, et ne s’en porte pas plus mal.hamburger.JPG

            Faisons maintenant un bond en avant dans le temps et rendons nous au début du XXIème siècle, notre époque adorée. La société de consommation a déjà atteint son apogée, et commence peut-être même à décliner, stoppée par une crise de la mondialisation (avec notamment l’apparition du mouvement décroissant, sur lequel sera fait prochainement un article). Prisonnière des engrenages du capitalisme, la population se réfugie dans l’individualisme (bien que paradoxalement elle perde peu à peu son individualité et ses différences au profit du métissage général), et le manque de spirituel n’arrange pas les choses. L’homme, soit ouvrier à la chaîne, soit travailleur de bureau, n’a plus aucun contact avec la "Nature", qui a été supplantée par un environnement gris et aseptisé. Enfermé du matin au soir dans la sphère individuelle, il travaille et s’abrutit pour enrichir son supérieur et recevoir son salaire, ce qui lui permettra de consommer quelques gadgets, de s’offrir un divertissement de temps à autre pour éviter de penser, et surtout de payer de l’essence pour retourner travailler. Rien n’est de fait plus impersonnel que le système inhumain dans lequel nous avons le malheur de vivre : le citoyen "libre" ne travaille ni pour sa famille ni pour lui-même, il ne travaille pas pour répondre à des besoins naturels, mais en fait il travaille pour obtenir un salaire pour acheter sa pitance. Il n’est donc en fait qu’un esclave aveugle, un "serf", mais un serf avili, immature, incapable, ignorant et dépendant du système qui l’emploie.

            Sous le règne du supermarché, l’homme occidental ne vit plus que d’aliments artificiels, uniformisés, standardisés, stérilisés, et individualisés par une quantité démentielle d’emballages (dont nous polluons allègrement la surface de la Terre). Il voit, il touche à peine sa nourriture, il ne sait pas d’où elle vient, ni ce qu’elle est réellement, mais il s’en nourrit, parce que c’est "bon" ou parce qu’il a "faim", et c’est tout. Et c’est ce qui me ramène à mon sujet premier, le sucre ; car comment forcer le peuple à accepter ces aliments faux, ces aliments morts, si ce n’est en les mélangeant avec force sucres, sels, graisses et produits chimiques ? Il est effrayant de voir la composition des produits alimentaires dégénérés qui sont pourtant consommés quotidiennement par la populace. A tel point qu’il a fallu que des épiceries ou des marchés "biologiques" se développent et distribuent des produits en fin de compte normaux, mais que les prix exorbitants réservent aux "bobos" et compagnie.obésité.JPG

            Quant au sucre, il est tout simplement omniprésent : dans les plats "préparés", dans les boissons, les alcools, dans les hamburgers, les pâtisseries bon marché, et bien sûr dans l’effroyable quantité de confiseries multicolores dont les enfants aiment à s’empiffrer sous le regard bienveillant de leur(s) parent(s)…

            Le sucre joue également un rôle important dans la part d’hédonisme ambiant de notre société. En effet, avant de manger pour satisfaire ses besoins naturels les plus simples, l’homme occidental moderne mange pour stimuler son centre du plaisir. Il veut des aliments "forts en goût", qui lui titillent les papilles, il veut des aliments esthétiques et calibrés, des aliments "propres", où toute trace de leur origine naturelle a disparu. L’industrie agro-alimentaire répondant avant tout à la loi capitaliste du profit, elle utilise des quantités astronomiques de sucre pour rendre ses produits plus addictifs. Le sucre nous rabaisse à nos plus bas instincts, on ne peut plus s’en passer, c’est maladif. Dans un oubli total des valeurs chrétiennes de sobriété et de frugalité, l’occidental grignote, picore, et s’engraisse paisiblement. Strictement incapable d’obéir aux exigences d’un régime alimentaire sain, il préfère pour garder sa "ligne" avoir recours à des produits toujours plus dégénérés, à base de "faux-sucre" ou de graisse "allégée" ; en fait, le faux-sucre est au régime ce que le préservatif est à l’abstinence.

            Voici donc un constat bien terrifiant, mais qu’il est intéressant de faire depuis notre point de vue chronologiquement avancé. Il subsiste cependant une question : le sucre a-t-il participé à la décadence progressive de l’Occident, ou n’est il qu’une suite logique de cette dépravation du corps, de l’esprit et des mœurs ? Toujours est-il qu’il est réellement présent et qu’il fait partie intégrante de ce phénomène. Le sucre, le nouvel opium du peuple ? Non, la formule est trop usée et a perdu de son sens… Voyons plutôt le sucre comme un "indicateur" de décadence ; il est aujourd’hui au plus haut : il est temps d’agir.

UD

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