30.04.2009

Sire, celui qui est a formé toute essence

Sire, celui qui est a formé toute essence
De ce qui n'était rien. C'est l'oeuvre du Seigneur :
Aussi tout honneur doit fléchir à son honneur,
Et tout autre pouvoir céder à sa puissance.

On voit beaucoup de rois, qui sont grands d'apparence :
Mais nul, tant soit-il grand, n'aura jamais tant d'heur
De pouvoir à la vôtre égaler sa grandeur :
Car rien n'est après Dieu si grand qu'un roi de France.

Puis donc que Dieu peut tout, et ne se trouve lieu
Lequel ne soit enclos sous le pouvoir de Dieu,
Vous, de qui la grandeur de Dieu seul est enclose,

Elargissez encor sur moi votre pouvoir,
Sur moi, qui ne suis rien : afin de faire voir
Que de rien un grand roi peut faire quelque chose.

Joachim Du Bellay (1522-1560), Les Regrets (1558)

28.04.2009

Un rêveur obstiné : Jacques de Molay

demolay-22fce.gifDernier Maître du Temple, Jacques de Molay avait été reçu chevalier dans une commanderie de Beaune, vers 1265. Il a donc connu les dernières décennies des Etats latins de Terre Sainte. Son prédécesseur, Guillaume de Beaujeu, dans la grande tradition de l’ordre, était mort au combat en défendant Acre, en 1291. Chassé de Terre Sainte à la chute de cette ville, le Temple établit sa « maison chèvetaine » (son siège) à Chypre, où Molay fut élu Maître.

Le Temple alors n’avait pas encore renoncé à sa mission et défendit jusqu’en 1303 l’île de Ruad, au large de Tortose, face à la côte syrienne, contre les attaques musulmanes. Mais Molay se déconsidéra dans une expédition malheureuse, où il espéra - en vain – l’aide des Mongols qui venaient de déferler en Syrie. Il a de surcroît soutenu la révolte d’Amaury, frère d’Henri de Lusignan, roi de Chypre, espérant sans doute recueillir une part du pouvoir.

Peut-être Jacques de Molay aurait-il  évité la catastrophe en acceptant, comme le souhaitaient le pape et le roi, la fusion du Temple et de l’Hôpital en vue d’une future croisade. Mais il refusa net. On ne connaît malheureusement pas la réponse que fit de son côté le Maître de l’Hôpital, Foulque de Villaret. Alors que Jacques de Molay, sans aucun réalisme, entretenait touours le rêve d’une croisade où le Temple se couvrirait de gloire en reprennant le Terre sainte, l’Hôpital plus pragmatique, se taillait une principauté à Rhodes, comme l’avaient fait en Prusse les chevaliers Teutoniques.

Lorsqu’il débarqua en France, fin 1306 ou début 1307, à la demande du pape, pour étudier le projet de fusion des ordres, Jacques de Molay ne pouvait soupçonner les évènements à venir. Le 12 octobre 1307, veille de son arrestation, il siégeait encore parmi les princes, aux funérailles de Catherine de Courtenay, une des belles-sœurs du roi. Arrêté, cet homme déjà âgé –il a une soixantaine d’années- est passé aux aveux sans avoir été torturé, contrairement aux simples chevaliers. D’intelligence médiocre, juge l’historien Alain Demurger, Jacques de Molay s’en est remis au pape, sans avoir compris que Philippe le Bel exploitait l’affaire du Temple précisément pour ébranler, à travers Clement V, l’autorité pontificale. Le Temple, déjà, avait cessé d’exister lorsque [le 18 mars 1314], dans un revirement pathétique, Jacques de Molay sacrifia sa vie pour dénoncer l’injustice et le mensonge.

 

Manon Beaumont

25.04.2009

Notre première cyber-exposition photographique !

Voici une série de photos d'une jeune photographe, Léa Goni, qui a bien voulu nous laisser les exposer sur notre blog, afin de vous faire profiter d'un aperçu de son oeuvre...
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La vieille maison
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Dijon.
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Dijon, douceur de vivre.
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Le musicien de Montmartre
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Faux Doisneau
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3 sur 1 banc.
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La porte qui ne mène à rien
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De la plage de St Malo
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Blanche Neige
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24.04.2009

A la découverte des Morvandiaux

Le Morvandiau en 1934

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Très rapproché du Breton et de l'Ecossais, le Morvandiau est un Celte sur qui la civilisation n'a que très peu mordu. Peu liant, il est, une fois qu'il a donné sa confiance, d'une fidélité à toute épreuve. Il est foncièrement bon. S'il n'y a point ici, de grande misère, c'est qu'il y a une solidarité fraternelle dans le malheur.[...]

Fidèle à sa parole, le Morvandiau est un citoyen obéissant, presque passif. Il reste là où on lui dit de rester. Je les ai vu dans les tranchées, mes braves gars du Morvan ! C'est ici que le pourcentage des morts est le plus élevé : huit pour cent. On leur avait dit de tenir, ils ont tenu jusqu'à la mort.

Le Morvan est un paradoxe en ce sens qu'il ne connaît ni le modernisme, ni le capitalisme, ni la concentration urbaine, ni aucun des autres phénomènes qui accablent l'univers. Le Morvan vit sur soi, pour soi, en soi.

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Paul Allard

A la découverte des Morvandiaux

(magazine Vu, 12 septembre 1934)

23.04.2009

Contes d'autrefois pour lecteurs d'aujourd'hui !

politiquement correct.jpg            Voici un livre, ou plutôt un recueil assez cocasse dont j’ai fait la découverte il y a peu. Politiquement correct, de James Finn Garner. Ici l’auteur s’amuse à pasticher les plus célèbres contes des Frères Grimm et d’Andersen, en jouant le jeu du politiquement correct. Il réécrit donc ces contes d’une manière parodique (voire satyrique) et parodie les lubies de l’idéologie dominante. Un livre assez cynique, mais tout de même très drôle, et fort divertissant ! Si cela en intéresse certains, je pourrai éventuellement recopier un ou deux contes et les mettre sur le blog. En attendant, voici la quatrième de couverture :

            Durant des siècles, nous le savons maintenant, les enfants ont été abreuvés de contes de fées véhiculant, sous une apparence innocente les préjugés les plus odieux : sexisme, racisme, culturocentrisme, âgisme, voire aspectéisme ou espécisme !

            Grâce à l’auteur de ce livre, les voici enfin adaptés à la pensée politiquement correcte de notre temps. Les nains de Blanche-Neige sont désormais des « personnes verticalement contrariées », les sorcières sont « d’une bonté défectueuse », le loup dévorant la mère-grand ne fait qu’obéir à son « statut traditionnel d’exclu », et les trolls se voient reconnaître le droit à assumer dignement leur trollitude.

            L’auteur prie ses lecteurs de lui signaler tout préjugé non encore répertorié qui aurait pu subsister dans ces pages. « Bien que je me sois appliqué, dit-il, à mettre au jour une littérature purgée des influences d’un passé culturel défectueux, il n’est pas impossible que j’aie commis des erreurs.

UD

19.04.2009

Stupéfiant !

OSS 117 Rio ne répond plus…

 

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         Stupéfiant de médiocrité ! Michel Hazanavicius déjà réalisateur du précédent OSS 117, moins loupé si l’on peut dire, nous embarque dans une comédie (sans le rire et l’humour) affreusement lourde mis à part quelques répliques de Jean Dujardin qui sauvent le film.

Le film paraît très long tant le réalisateur s’est entêté à user des splits screens (division de l’écran) et montrer des courses poursuite longues et minables (cf. deux acteurs se poursuivant cul nu dans un hôpital).

La réussite promise à ce film semble reposer sur trois facteurs, premièrement il arrive en période de crise politique et économique, période rêvé pour les comédies lourdes, on se souvient des Visiteurs en 1993 (un peu moins imbuvable cependant) ou de Bienvenue chez les Ch’ti l’an passé après qu'ait chuté la cote de popularité du président et la perte générale du pouvoir d’achat. La deuxième raison réside dans la réussite du premier numéro et de la popularité de Jean Dujardin qui il faut le dire parvient malgré tout à nous faire sourire quelques misérables fois… Enfin, le mauvais goût ca se vend bien.

Le réalisateur, connu pour avoir joué dans la cité de la peur et réalisé La classe américaine, films rivalisant de grossièreté et de mauvais gout réitère avec un grand navet, certainement le hold-up cinématographique de l’année !

         L’humour portant sur les juifs les chinois ou encore les français est généralement au ras des pâquerettes et reste globalement très peu subversif (on est loi d’un spectacle de Desproges ou Dieudonné).

Salles pleines, rire général, applaudissements en fin de séance : on n'est jamais trop idiot !

Robert-Louis Fratriac

18.04.2009

Le règne de la quantité

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Nous voici donc à l'ère de l'Homo oeconomicus. Constatation élémentaire, mais dont beaucoup - parmi ceux qui la font - ne perçoivent même plus l'étendue. Elle est pourtant considérable. On ne dit plus : qui est-ce ? Ou que vaut-il ? Mais : combien vaut-il ? Car il est entendu, désormais, que le bonheur n'est qu'affaire de biens matériels. La propriété familiale, elle-même, ne vaut plus que sa valeur en argent. Tout se vend, tout s'achète : les souvenirs et l'honneur également. Le dernier homme, décrit par Nietzsche, ne cesse de prendre la parole : "Amour ? Création ? Désir ? Étoile ? Qu'est cela ? Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l'oeil. La terre sera devenue plus aiguë et sur elle sautillera le dernier homme qui amenuise tout (...) Nous avons inventé le bonheur, disent les derniers hommes et ils clignent de l'oeil ".

La " loi du marché " - c'est-à-dire la loi des marchands - a pris le pas sur les impératifs de souveraineté nationale, de préservation du patrimoine, d'enracinement des cultures, de retransmission de l'héritage. Tout peut être cédé au " plus offrant " : à celui qui met le plus sur la table. La richesse qui ne peut être l'objet de commerce ou d'échanges ne vaut rien. L'homme lui-même ne vaut plus que ce que valent les choses qu'il possède. L'homme se " technomorphise ". Il devient également une chose. On sait d'ailleurs combien vaut la vie d'un homme : les variations ne dépendent que de son statut socio-économique. La rentabilité matérielle à court terme nous dicte ce que nous devons faire ; elle détermine nos choix. Dans " rentable ", il y a rente : un idéal de petits vieux. Quand on veut redresser la natalité, on fait valoir que c'est nécessaire " pour payer les retraites ". Aucune autre motivation ne serait plus audible.

Le matérialisme inhérent, en dernière analyse, au libéralisme comme au marxisme, n'est finalement que la dissolution de l'âme intérieure. Disparition de l'action non motivée par l'intérêt personnel ou l'existence immédiate. Refus d'un " autre monde ", façonné par l'éternité des souvenirs. Dissolution de ce qui, nous dépassant, pourrait nous contraindre et, nous contraignant, nous mettre en forme. Le règne de la quantité, pour reprendre une expression de René Guénon, c'est aussi cela : hic et nunc, rien de plus.
La chute du spirituel au matériel, de l'âme à l'esprit, de l'esprit au corps : voilà l'itinéraire classique de toutes les décadences. L'ère de l'Homo oeconomicus est liée à l'avènement du bourgeois. De la bourgeoisie - moins comme classe que comme type d'homme et système de valeurs. (Distinction très simple : les bourgeois font en sorte de préserver ce qu'ils sont). L'égalitarisme, rappelons-le, n'égalise que par en bas et cet effondrement de tout ce qui est élevé et différencié dans tout ce qui est homogène, indifférencié, équivaut en fait à l'inversion des hiérarchies. Mettre la " troisième fonction " au niveau des deux autres, ce n'est pas mettre tout le monde sur pied d'égalité - c'est renverser la hiérarchie des instances et des ordres. Dès lors, la " troisième fonction " ne peut qu'avoir le pas sur la première. En clair : dès lors que l'économique s'est émancipé du politique, il tend inéluctablement à se l'approprier.

On aboutit alors à ceci que l'égalitarisme supprime les inégalités... sauf celles qui sont contestables. Les garanties accordées au nom de la liberté politique sont reprises au nom de la liberté économique. On donne à l'Homme en général des droits abstraits que les hommes particuliers ne peuvent pas concrètement mettre à profit. Il ne faut pas oublier cela, pour éviter bien des malentendus.

Mais c'est aussi l'échec. Aucun système - libéral ou socialiste - fondé sur l'autonomie intégrale et le primat de l'économique ne procure de satisfaction générale. L'Homo oeconomicus existe, mais ce n'est pas un homme heureux. La satisfaction de ses besoins matériels, de ses besoins centrés sur une seule sphère, n'apaise pas son désir, mais au contraire le renforce, le rend à la fois insatiable et désabusé. Toute conception de la société fondée sur le bien-être, sur le welfare, ne peut qu'échouer à susciter le bonheur. Car le bonheur résulte de l'appropriation par l'homme de son propre, de l'appropriation par l'homme d'une personnalité spécifique à l'intérieur d'une identité collective - tandis que la société marchande, massifiante, déculturante, dépersonnalisante, ne se construit que par agglomérat d'hommes-quantités, c'est-à-dire sur les ruines des différences et des personnalités.

Nous n'avons pas le mépris de l'économie. L'économie, ce n'est pas le diable. Et du reste, la " troisième fonction " est aussi nécessaire que les autres. Elle est nécessaire à sa place. Les trois fonctions sont complémentaires ; elles sont indissociables. Mais elles doivent aussi être hiérarchisées : le social dans la dépendance de l'économique, l'économique dans celle du politique. Et la souveraineté justifiée par les formes d'autorité qui la rendent légitime. Rétablir la première fonction à sa place, replacer la troisième à la sienne, mettre fin au " règne de la quantité ", à la conception de l'économie comme destin, au " social " comme raison d'être du politique - c'est tout un.

Robert de Herte

GRECE

15.04.2009

Un hiver en Auxois

 

Une mer de nuages déploie son épais manteau gris,

Enveloppe les prairies, et borde les collines lointaines.

Ses flots de coton sont poussés par un vent mordant.

Elle avance, inexorablement.


 

Bientôt, elle aura recouvert tout le pays,

Seuls quelques sommets perceront avec peine.

Et je contemple le spectacle, oubliant le temps.

Je vois maintenant un océan.


 

Alors, le parfum de sa victoire jaillit :

Pierre humide et humus, et mousse mondaine.

La nature semble somnoler et tout se rend,

C’est le calme, de l’herbe au firmament.

 

 

Bien rares sont les animaux à quitter leur logis,

Seuls quelques farouches corbeaux s’envolent en croassant leur haine,

Croyant briser l’harmonie de la paix, jubilant,

En vain : brume règne maintenant.

 

 

 

 

MT

14.04.2009

Dieu visite Noé version 2008

En 2008 après Jésus-Christ, Dieu visite Noé et lui dit : « une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que quelques bons humains. Dans six mois, j’envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits et je détruis tout ! »

 

         Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu’une ébauche de construction navale.

         « Mais Noé, tu n’as pratiquement rien fait ! Demain il commence à pleuvoir ! »

         « Pardonne-moi, Tout-Puissant, j’ai fait tout mon possible, mais les temps ont changé :

         J’ai essayé de bâtir l’arche, mais il faut un permis de construire et l’inspecteur me fait des ennuis au sujet de l’alarme anti-incendie.

         Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l’échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur vue. J’ai dû recourir à un conciliateur pour arriver à un accord.

         L’Urbanisme m’a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l’arche jusqu’à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu’à nous. Ils ont refusé de me croire.

         La coupe du bois de construction navale s’est heurtée aux multiples Associations pour la Protection de l’Environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par les Eaux et Forêts n’avait pas de valeur aux yeux du ministère de l’Environnement et que cela détruisait l’habitat de plusieurs espèces animales. J’ai pourtant expliqué qu’il s’agissait - au contraire - de préserver ces espèces, rien n’y a fait.

         J’avais à peine commencé à rassembler les couples d’animaux que la SPA et le WWF me sont tombés sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux puisque je les soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que je les enfermais dans des pièces trop exiguës.

         Ensuite, l’agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude de l’impact sur l’environnement de ce fameux déluge.

         Dans le même temps, je me débattais avec le ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles. Je les avais  embauché, car les Syndicats m’avaient interdit d’employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

         Enfin, le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m’assigner devant les tribunaux pour ‘tentative de franchissement de frontière en possession d’espèces protégées ou reconnues comme dangereuses’.

         Aussi, pardonne-moi Tout-Puissant, mais j’ai manqué de persévérance et j’ai abandonné ce projet ».

 

         Aussitôt les nuages se sont dissipés, un arc-en-ciel est apparu et le soleil a luit.

         « Mais Tu renonces à détruire le monde ? » demanda Noé.

         « Inutile, répondit Dieu, l’administration française s’en charge ».

 

Texte de source inconnue.

UD

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13.04.2009

France, mère des arts, des armes et des lois

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France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.
 
Si tu m’as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.
 
Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine
D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
 
Las, tes autres agneaux n’ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
 

Joachim Du Bellay (1522-1560), Les Regrets (1558)

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