31.10.2009
Européens, libres, fiers, enracinés et solidaires !
Nous y étions !
10:11 Publié dans Image | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : adrede, racines, projet, vidéo, été 2009, réseau, association
21.10.2009
L'industrie du déclassement
« Le ministère n’avait pas à satisfaire seulement les besoins du Parti, il avait encore à répéter toute l’opération à une échelle inférieure pour le bénéfice du prolétariat.
Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupait, pour les prolétaires, de littératures, de musique, de musique, de théâtre et, en général, de déclassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sports, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur. Il y avait même une sous-section entière (appelée en novlangue, Pornsex) occupée à produire le genre le plus bas de pornographie. Cela s’expédierait en paquet scellés qu’aucun membre du Parti, à part ceux qui y travaillaient, n’avait le droit de regarder. »
George Orwell, 1984

Agrippa
14:20 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : 1984, george orwell, media, culture, déclassement, spectacle
18.10.2009
La Peur du Silence
« La bouche garde le silence pour écouter parler le cœur. » Alfred de Musset
Il est un mal étrange qui ronge nos sociétés : la peur du silence. Notre époque est plongée dans un tourbillon de bruit dont il est difficile de sortir, et quand cela arrive, le silence est ressenti comme un vide. Parce que la technique, le « progrès » sous le signe du quel sont placées les civilisations modernes, ça fait du bruit. Que dire en effet de la vie citadine, qui est le lot d’une écrasante majorité en France, si ce n’est qu’il n’est rien de plus bruyant ? Le ronronnement ininterrompu des moteurs, le chuintement indistinct des pneus sur l’asphalte, le tintamarre des klaxons aux heures de pointe… L’insipide musique de supermarché déversée à pleins flots à tous les coins de rue, les basses qui sourdent depuis les boites de nuit, les baladeurs à plein volume dans la rue… Nous sommes imbibés de son à n’en plus pouvoir, comme si la vie moderne nous pressait dans un étau sonore.
On veut toujours plus, plus vite. L’idéal semble même de pouvoir faire plusieurs choses en même temps (n’oublions pas que le temps, c’est de l’argent.). Pour ne prendre qu’un exemple, celui de la musique : elle n’est plus vue comme un art, mais comme un « bouche-trou » sonore. Elle permet de ne plus penser à rien, d’oublier le reste du monde. En bref elle aurait deux utilités : la première, celle d’offrir une distraction. Une distraction au sens pascalien du terme, c'est-à-dire qui nous éloigne de nous-mêmes et de notre misérable condition humaine. La deuxième, c’est celle de nous enfermer dans notre sphère individuelle, pour mieux se concentrer. Mais pas au sens de faire appel à nous facultés intellectuelles. Au sens de se ramener sur soi, sur cet ego superficiel, juste entre notre cœur et les autres, ou il n’y a rien qui fait peur, rien qui agresse.
Quant à la beauté artistique de la chose, eh bien… Elle est souvent mise de côté. On préfère la quantité à la qualité. Il y en nous comme un vide à combler, et en préférant le bruit et la distraction au silence, on se range sur le plan de l’avoir et non sur celui de l’être. L’image curieuse de la pénétration des écouteurs du baladeur dans les oreilles est assez intéressante, car un vide physique est en l’occurrence réellement comblé. C’est encore plus flagrant dans le cas des casques, qui enserrent la tête et enferment dans une bulle cotonneuse confortable, où l’on pense pouvoir se trouver enfin seul.
La musique joue aujourd’hui un autre rôle, dont je n’ai pas parlé jusqu’à présent. Bien sûr, le chant à toujours été un lien social fort : par sa virilité et son entrain, il donne courage et force aux guerriers avant la bataille. Par l’émotion de sa voix et ses accents vibrants, il peut susciter des élans spirituels de joie et d’amour. Mais à présent, c’est autour de la musique d’un autre, celle d’un « artiste » que l’on se retrouve. Partager ses goûts musicaux est encore le meilleur moyen de se faire des amis si l’on est jeune. On assiste à une réelle prostitution de l’art, dans sa consommation de masse grâce aux moyens modernes (CD, Internet, Mp3, etc.) et dans l’identification à un groupe qu’il permet. L’art musical est devenu démocratique, et personnalisable : la mode est de créer ses playlists afin de revendiquer son appartenance à un groupe social. Enfin quelle est cette manie de vouloir s’approprier l’art, de souhaiter l’avoir pour soi, et d’en engranger un maximum pour se faire reconnaître socialement ?
Mais quelle est la raison de ce fourmillement d’informations sonores, de cette complexité, de cet enchevêtrement monstrueux ? Le bruit n’est il pas un moyen de se détourner de l’essentiel ? Car enfin il n’est qu’une chose matérielle et superficielle, qui enrobe peut-être joliment les choses, mais qu’il faut briser pour arriver à l’important. Cette dictature du bruit est, j’en suis convaincu, une solide barrière au recueillement et au spirituel. Quel est le meilleur moyen de détruire une vie spirituelle, si ce n’est de la saouler, de l’assommer de distractions ? Pourquoi le silence fait-il si peur aujourd’hui ? Sans doute parce que lui seul permet de rentrer au plus profond de soi-même, et de s’interroger sur ce dont on est fait.
A l’heure où l’on préfère parler pour ne rien dire, le silence est devenu un gros mot. Avant, on disait : « Pas de nouvelles, bonne nouvelle ! ». Maintenant, le silence est vu comme une injure, un mépris. Même en politique, car nos sociétés démocratiques se doivent d’informer leurs citoyens, afin qu’ils se considèrent comme participants de la vie politique de la cité.
Ne nous laissons pas emporter par le bruyant tourbillon de cette culture de mort et d’oubli. Sachons goûter la valeur du silence, et le voir comme la plus belle des musiques. Disons-nous bien qu’au final, il n’est rien de plus complet sur la Terre.
« La parole est d’argent, le silence est d’or. […]Le silence est le remède à tous les maux. » Le Talmud
U.D.
21:52 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : silence, peur, psychose, société, progrès, technique, modernisme, civilisation, consommation, vitesse
17.10.2009
Ton arrière arrière grand père...
Mes Aieux - Dégénerations
17:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chanson, mes aieux, dégénérations, musique, décadence, critique, société, misère, espoir, résistance
16.10.2009
Hé ho camarade !

17:00 Publié dans Rendez-vous de la Vivre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.10.2009
Bob et l'euphorie d'un soir


Socrate à Saint-Tropez, Istanbul à Bibracte, Bob Sin Clar à Saint-Michel
Le 4 septembre, l’été était déjà derrière nous, et ça faisait quelques semaines que la pub pour le cartable Star Ac’ nous martelait avec la rentrée. Heureusement, François Rebsamen et la mairie de Dijon organisèrent le soir un concert gratuit, une sorte de fête de la fédération célébrant l’avènement de la nouvelle année civile. Le peuple était convié à applaudir Bob Sinclar a.k.a Chris the French kiss , apôtre de la French touch, mix house et disco. Si le roi de la pop était mort cet été, et si l’hospitalisation de Jonny Halliday avait fait frémir les français sur leurs plages ensoleillées, on fit grand place au Vicomte Sinclar pour son show. Certes, nous sommes encore loin de l’avant-gardisme de la mairie de Paris ( la province s’étant toujours montré trop plouc pour y être sensible, si vous ne me croyez pas demandez à BHL). Mais, la capitale des ducs de Bourgogne qui avait autrefois accueilli Mozart en juillet 1766, fit honneur à son hôte. Bob Sinclar, ou Saint Clar, se produisit avec succès sur la scène montée pour l'occasion Place de la Libération, anciennement Place Royale.
- Agrippa
Ce soir-là on fêtait en effet la rentrée civile, avec la venue sur terre d'une sorte d'idole mystique du vacarme, alors qu'il fut un temps c'était à Pâques que l'année nouvelle commençait, avec la descente parmi les hommes du Fils réssucité. Aussi présent sur les lieux de l'euphorie générale, j'ajouterai que cela m'a véritablement fait l'effet d'une grande messe infernale où Bob aurait été une parodie sinistre de Jésus lui-même, avec ses cheveux longs et sa barbe, dont l'icône aurait été projetée sur un écran géant défigurant et écrasant l'église Saint-Michel. Un prophète investi de la mission céleste de faire délirer une foule transcendée par les vibrations tétanisantes et le bruit assourdissant. Une foule qui trouve son petit bonheur à boire des bières, à se compresser à l'étouffement et qui souvent, notez-le bien, non, ne vient pas pour admirer Bob ! Mais juste parce qu'il faut être à cet événement : En effet il ne s'en passe pas tant à Dijon ! Mais c'était bien, malgré tout. Ce concert faisait de l'animation, et puis laissait croire que l'on était pas si seul que cela !
- Mérovée de Thil
18:26 Publié dans Faits divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : concert, rentrée, dijon, bob sinclar, saint-michel, foule moderne